Histoire
Cathédrale
Saint-Hyacinthe-le-confesseur
Les premiers colons, les Maskoutains, arrivèrent en 1757 et se mirent tout de suite à défricher les terres pour l’agriculture. Ce n’est qu’un siècle plus tard, en 1852, que Saint-Hyacinthe fut érigé en diocèse indépendant de Montréal, et ce n’est qu’en 1880 que la cathédrale actuelle fut construite.
Pendant que Mgr Prince trouve refuge au Séminaire, on édifie à la hâte une pro-cathédrale en brique rouge près de l’Hôtel-Dieu. Elle est ouverte au culte le 6 août 1854. En octobre de la même année, on débute la construction de l’évêché actuel sur l’emplacement du vieux collège. En 1860, aux funérailles de Mgr Prince, la pro-cathédrale montre des signes de faiblesse sous le poids de la foule. Mais ce n’est qu’en 1875, que Mgr Louis-Zéphirin Moreau, nouvellement nommé évêque du diocèse, songe à remplacer l’édifice. Entre temps, de 1868 jusqu’en 1876, l’église Saint-Mathieu de Beloeil lui servit de «pro-cathédrale en exil».
Le 15 août 1877, Mgr Moreau approuve les plans et devis de l’architecte Adolphe Lévesque et signe un contrat de 50 000 $. La cathédrale actuelle commence à s’ériger en 1878. L’édifice, de style roman pur, est béni par Mgr Moreau le 4 juillet 1880. L’église en pierre fait 61 mètres de long sur 24,4 mètres de large et les deux tours, hautes et carrées, font 35 mètres de hauteur.
Mais la façade se révèle trop lourde pour le sol argileux sur lequel elle repose. L’édifice étant devenu dangereux, une première restauration a lieu en 1908 par les architectes Maurice Perrault et Albert Mesnard. Ces derniers consolident les fondations, et les tours carrées d’origine font place à deux clochers élancés, tels que l’on peut les voir aujourd’hui. On ajoute aussi un portail et un carillon de cinq cloches est installé.
Une seconde série de réparations en 1942 fait disparaître les balcons latéraux. Tout l’intérieur est redécoré, un nouveau baptistère est installé, tandis que la crypte des évêques, sise au sous-sol, est transformé en chapelle.
À la suite du Concile Vatican II, les divers éléments du choeur sont réaménagés. L’église est également repeinte en entier et des lustres de verre de Tchécoslovaquie sont suspendus dans toute la cathédrale. En 1975, le tombeau de Mgr Louis-Zéphirin Moreau est installé dans le transept gauche de la cathédrale, l’Église s’apprêtant à le déclarer «bienheureux».
Les plus récentes restaurations datent de 1998-1999: redécoration intérieure, réfection du parvis, travaux de maçonnerie, de ferblanterie etc.
La cathédrale renferme certaines oeuvres qui méritent d’être soulignées: la toile de la voûte du choeur qui représente le Père éternel est une oeuvre d’Osias Leduc; les stations du chemin de la croix qui datent de 1913 sont d’un peintre parisien d’origine italienne, Joseph Uberti; les vitraux d’un artisan de Québec, Bernard Léonard.
Situation géographique et démographique
Le 3 novembre 1852, lors de l’arrivée du premier évêque, Mgr Jean-Charles Prince, il n’y a qu’une seule paroisse à Saint-Hyacinthe. Elle est dédiée à Saint-Hyacinthe et l’emplacement de l’église est celui qui est aujourd’hui occupé par l’église Notre-Dame-du-Rosaire. Dès son arrivée, Mgr Prince a voulu y établir son évêché et son église cathédrale. Malheureusement, pour diverses circonstances trop longues à expliquer ici, cela n’a pas été rendu possible. C’est pour cette raison qu’il a établi son évêché et son église cathédrale dans les locaux de l’ancien collège, à l’endroit où ils se trouvent présentement. En 1853, par les forces des choses, la petite ville de Saint-Hyacinthe comptait déjà deux paroisses. La paroisse cathédrale dédiée à St-Hyacinthe-le-Confesseur et la paroisse Notre-Dame-du-Rosaire.
L’église cathédrale, telle que nous la connaissons aujourd’hui, ne sera parachevée qu’en 1908, sous l’épiscopat de Mgr Alexis-Xyste Bernard, après de nombreuses épreuves. La construction débuta en 1876, sous l’épiscopat de Mgr Louis-Zéphirin Moreau, quatrième évêque de Saint-Hyacinthe. Après son inauguration en 1880, on remarque rapidement des vices importants de construction, entre autres les fondations de la façade. Menacée d’être démolie, Mgr Bernard prit plutôt la décision d’en faire la restauration en l’agrandissant et en construisant une nouvelle façade néo-gothique, ce qui lui donne l’apparence que nous connaissons actuellement.
Plus près de nous, à la suite du Concile Vatican II, l’intérieur de la cathédrale connut une première transformation en 1963, en particulier l’aménagement du choeur et l’installation de l’éclairage par des lustres de cristal de Bohême. En 1998, compte tenu de problèmes récurants d’entretien, et grâce à une subvention importante de la Fondation du Patrimoine religieux du Québec, on entreprend un grand chantier de décoration intérieure, de maçonnerie, de ferblanterie, de restauration des salles du sous-sol. On attendra en 2006-2007 pour la restauration de l’orgue, instrument patrimonial installé en 1885 par Mgr Moreau: Opus 8 des Frères Casavant.
L’église cathédrale est située au coeur même de la ville de Saint-Hyacinthe, à proximité de l’église Notre-Dame-du-Rosaire, explication pour des raisons historiques évoquées plus haut.
Au plan démographique, la population de la paroisse est répartie dans plusieurs quartiers différents: le centre-ville, le chemin du Rapide-Plat et un nouveau quartier situé sur les terres du Séminaire au nord de la rue Girouard Est. On retrouve sur son territoire, deux écoles secondaires privées, des maisons d’hébergement pour personnes âgées et l’Hôtel-Dieu, centre de soins de longue durée. Le Séminaire est situé sur la rue Girouard Est, endroit qu’il occupe depuis 1853. Les Soeurs de la Présentation-de-Marie ont aussi leur Maison-Mère sur la rue Girouard Ouest.
Au plan historique et patrimonial
Les travaux de réfection qui ont été réalisés dans l’église cathédrale au cours des années n’ont pas toujours été heureux en terme de protection du patrimoine: plusieurs pièces très intéressantes sont malheureusement disparues: le maître-autel, un meuble assez élaboré dont il ne reste que le tombeau d’autel, le couronnement du tabernacle, transformé en réserve eucharistique, et le majestueux baldaquin de style néo-baroque, avec sa colonnade d’ordre corinthien supportant un riche couronnement fait de consoles et de volutes, la chaire et son abat-voix. Il reste toutefois que la cathédrale de Saint-Hyacinthe possède un attrait architectural incontournable qui ravit les visiteurs et fait la fierté des maskoutains. On pourra consulter pour en savoir plus la brochure intéressante: «La Cathédrale de Saint-Hyacinthe, un lieu de patrimoine religieux à découvrir».